Naomie II m'a adopté dès le départ.
A Quinta do Lorde, lorsque j'ai fait mon petit speech à la réunion des skippers. L'auguste Alain et la belle Amina étaient au premier rang, et m'ont tout de suite fait signe, avant même que je ne termine de parler. Je suis donc immédiatement allée les voir, car déjà, j'aimais leur allure. Ils m'ot dit qu'ils avaient besoin d'un équipier de Dakar jusqu'au Brésil. Ca tombait pile parce que moi j'avais besoin d'un autre voilier à partir de Dakar justement. On a donc convenu que j'embarquerai à dakar.
A Dakar donc, j'ai embarqué. sauf qu'on avait tous oublié que je traîne avec moi un bordel pas possible, et que ça prendra trop de place sur le bateau. Un quatrième équipier, membre de la famille d'Alain, doit venir au cap Vert, il occupera la seconde cabine, je devrais dormir dans le carré, et mes affaires ne trouveront aps de place sur Naomie II. On convient donc que soit je trouve un autre bateau pour m'embarquer moi et mes affaires, soit je trouve un autre bateau juste pour mes affaires. En attendant je peux rester sur leur bateau à Dakar, traverser jusqu'au Cap Vert et rester sur leur bateau au Cap vert aussi.
Nous levons donc l'ancre tard dans l'après-midi, je m'apprête à faire ma prenière virée sur Naomie II. Seule ombre au tableau, Amina est malade, elle dort beaucoup, c'est donc moins sympa que si elle avait été en forme et pétillante comme il est dans sa nature de l'être.
Naomie II est un bel Ovni tout neuf de 39 pieds, lourd, spacieux, très confortable. Au portant il avance bien, au près il rame un peu, au travers, il bouge dans tous les sens. Et on a fait toute la traversée par vent de travers, on a donc beaucoup beaucoup bougé. On marchait presque sur les murs...!
Alain, le skipper, a été expatrié pour Alcaltel 6 ans au Brésil et 2 ans en Malaisie. Au Brésil il a rencontré Amina, ils se sont mariés, ont acheté Naomie II et décidé de faire un petit tour de trois ans sur les mers. Alain est un homme posé et relax, avenant, il a parfois le ton bourru du skipper dans la manoeuvre, mais en dehors il est très décontracté et sympathique, jovial et souriant. Amina est une petite boule d'énergie, très pêchue et sportive, gaie et vivante, très fin marmiton, elle cuisine divinement, et même lorsqu'elle n'était pas vraiment en état pendant la traversée, elle nous mitonnait de bons petits légumes dont la fameuse patate douce que j'affectionne tant...Avec eux je discute, je parle tout, de tous, je me lâche, je debriefe ma journée, je recrée un cocon familial dans le giron naval, ma journée, la leur, nos émotions, nos impressions. On rigole beaucoup ensemble, ils sont très natures, on rit de tout et de rien. Je m'attache beaucoup à eux, j'aime passer du temps avec eux, à cuisiner, discuter, rire, vivre quoi!
samedi 21 novembre 2009
Afrique adieu
Tim accepte que je dorme à bord, en tout bien tout honneur, j'occuperai une coquette cabine, le temps d'une nuit, pour la dépanne.
Le lendemain, petit café devant un lever de soleil magnifique, et à 7h30 nous quittons le bord en navette, eux pour excursionner, moi pour retourner au bercail, sur Naomie II. Aujourd'hui c'est ke jour du départ, pour tout le monde sauf pour nous, car Amina, la femme du skipper, a peut-être la dingue, on reste jusqu'au lendemain donc. On regarde tout le monde lever l'ancre et partir dans une grande cohue-bohue de 37,39, 47, 49, 50, 54 pieds, de monocoques, de catas, de trimarans, enfin presque, parce que les plus rapide les catas, les trimarans et les 50 pieds partiront, eux, l'après-midi. Et nous on sera tous seuls au mouillage, tous seuls à l'hôtel, enfin presque, parce que Mina 2 sont des rebelles doublés d'insensés, et ils ont décidé de rester 5 jours de plus...!
Je suis bien contente de rester, je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait plaisir.
Cette journée me réserve en plus bien des surprises, et agréables...
La première, alain, mon skippeur, a besoin que je monte au mât, bonheur, joie! Je m'éxécute, et c'est fantastique. Je suis perchée sur la barre de flèche, la vue est imprenable, il y a du vent, de la houle, moults sensations fortes, c'est géant!
Ensuite je passe une journée toute tranquille à l'hôtel, à pisciner, inetrnéter, jouer de la guitare, personne n'est là pour m'emmerder, je suis peinarde, zen, paisible...mmmmmm....Derniers moments, pleins d'une précoce nostalgie, avec Brahim et Mokou,avec les gardes de nuit, à qui je montre les vidéos de mes acrobaties sur internet et qui sont morts de rire, tout le monde me dit que je devrais rester, et j'en ai vraiment envie quelque part. Mais si je ne suis pas sûre de retourner un jour au Maroc, je suis persuadée que je reviendrai au Sénégal, et que j'y passerai du temps.
Le lendemain nous levons l'ancre, direction la dernière escale avant la grande traversée, Cabo Verde.
Je garderai de l'Afrique une impression très forte, controversée. Elle m'a fait très peur et m'a donné de grands bonheurs, uniques en leur genre.
Le lendemain, petit café devant un lever de soleil magnifique, et à 7h30 nous quittons le bord en navette, eux pour excursionner, moi pour retourner au bercail, sur Naomie II. Aujourd'hui c'est ke jour du départ, pour tout le monde sauf pour nous, car Amina, la femme du skipper, a peut-être la dingue, on reste jusqu'au lendemain donc. On regarde tout le monde lever l'ancre et partir dans une grande cohue-bohue de 37,39, 47, 49, 50, 54 pieds, de monocoques, de catas, de trimarans, enfin presque, parce que les plus rapide les catas, les trimarans et les 50 pieds partiront, eux, l'après-midi. Et nous on sera tous seuls au mouillage, tous seuls à l'hôtel, enfin presque, parce que Mina 2 sont des rebelles doublés d'insensés, et ils ont décidé de rester 5 jours de plus...!
Je suis bien contente de rester, je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait plaisir.
Cette journée me réserve en plus bien des surprises, et agréables...
La première, alain, mon skippeur, a besoin que je monte au mât, bonheur, joie! Je m'éxécute, et c'est fantastique. Je suis perchée sur la barre de flèche, la vue est imprenable, il y a du vent, de la houle, moults sensations fortes, c'est géant!
Ensuite je passe une journée toute tranquille à l'hôtel, à pisciner, inetrnéter, jouer de la guitare, personne n'est là pour m'emmerder, je suis peinarde, zen, paisible...mmmmmm....Derniers moments, pleins d'une précoce nostalgie, avec Brahim et Mokou,avec les gardes de nuit, à qui je montre les vidéos de mes acrobaties sur internet et qui sont morts de rire, tout le monde me dit que je devrais rester, et j'en ai vraiment envie quelque part. Mais si je ne suis pas sûre de retourner un jour au Maroc, je suis persuadée que je reviendrai au Sénégal, et que j'y passerai du temps.
Le lendemain nous levons l'ancre, direction la dernière escale avant la grande traversée, Cabo Verde.
Je garderai de l'Afrique une impression très forte, controversée. Elle m'a fait très peur et m'a donné de grands bonheurs, uniques en leur genre.
vendredi 20 novembre 2009
Des skippeurs
Le skippeur est un personnage. Il a de la trempe. Le skippeur ne doit compter que sur lui-même tout en sachant que les autres comptent sur lui;). Le skippeur a de larges épaules, un estomac solide, les mains habiles. Le skippeur a droit de vie ou de mort sur le bateau, il est le seul maître à bord. le skippeur sait tout ça, et bien souvent, il en use. C'est qui le chef, c'est qui le capitaine, le capitaine a faim, le chef fait la sieste, tout, tous pour le skippeur.
Dans le rallye, le skippeur n'est plus tout frais, il est un peu passé. mais il garde de sa saveur, il en a beaucoup même, de la saveur. L'expérience de la vie, de la mer, du vrai, du pur, de l'authentique, de l'aventure, en fait la plupart du temps un personnage haut en couleur, riche en histoires, anecotes, enseignements.
Le skippeur est alerte. Sinon il ne peut pas manoeuvrer. Pour cela, le vieux skipper se croit encore jeune. Eh, il se déplace plus et mieux que bien des ado-prépubères banlieusards scotchés à leurs écrans, vissés à leurs canaps. Comme le vieux skippeur est encore jeune dans sa tête, et dans son corps, il a le toupet de s'imaginer qu'il peut goûter la chair fraîche, au grand damn de la chair fraîche qui subit ses assauts avec stupeurs et tremblements. Elle voit fondre les capitaine grabataires sur elle comme comme la pluie diluvienne sur l'arche de Noé.
La chair fraîche est fraîche, c'est ce qui attire le skippeur un peu passé. Qu'elle soit laide ou belle, elle est fraîche, à tous les coups sa peau est douce, sa viande est tendre, ses baisers sucrés. Lorsque vous voulez vous taper un bon tagine, vous ne demandez pas à voir la tronche de l'agneau, ce qui importe, c'est qu'il ait bon goût, là c'est pareil.
La chair fraîche est naïve, facilement impressionable, spontanée, enthousiaste, elle a les yeux qui pétillent, elle adore les histoires du skippeur, ses récits colorés, ses leçons de vie, elle écoute, elle est toute ouïe.
le skippeur, usé par une femme fatiguante et fatiguée de ses exigences capricieuses, lassé de l'oreille distraite qu'elle prête à ses récits, trouve en la chair fraîche une disciple attentive, qui de ses yeux passionnés lui donne toute l'attention qu'il réclame. Elle est conquise, elle aime les vieux, elle est pour moi. Moi chui un marin, moi chui l'plus fort, moi j'trompe ma femme c'est pas grave, moi j'ai des yeux partout, la vie c'est dur, moi j'profite, à fond. MMMouais.
Moi j'aimerais bien qu'ils profitent avec un peu plus de retenue, verbale et physique, mais on ne peut pas tout avoir.
Moi les skippeurs, ils m'intriguent, ils me passionnent, et de toute façon Tim et Collin m'ont donné les tuyeaux et la motivation pour ne plus me laisser déborder par leur débordante affection.
Dans le rallye, le skippeur n'est plus tout frais, il est un peu passé. mais il garde de sa saveur, il en a beaucoup même, de la saveur. L'expérience de la vie, de la mer, du vrai, du pur, de l'authentique, de l'aventure, en fait la plupart du temps un personnage haut en couleur, riche en histoires, anecotes, enseignements.
Le skippeur est alerte. Sinon il ne peut pas manoeuvrer. Pour cela, le vieux skipper se croit encore jeune. Eh, il se déplace plus et mieux que bien des ado-prépubères banlieusards scotchés à leurs écrans, vissés à leurs canaps. Comme le vieux skippeur est encore jeune dans sa tête, et dans son corps, il a le toupet de s'imaginer qu'il peut goûter la chair fraîche, au grand damn de la chair fraîche qui subit ses assauts avec stupeurs et tremblements. Elle voit fondre les capitaine grabataires sur elle comme comme la pluie diluvienne sur l'arche de Noé.
La chair fraîche est fraîche, c'est ce qui attire le skippeur un peu passé. Qu'elle soit laide ou belle, elle est fraîche, à tous les coups sa peau est douce, sa viande est tendre, ses baisers sucrés. Lorsque vous voulez vous taper un bon tagine, vous ne demandez pas à voir la tronche de l'agneau, ce qui importe, c'est qu'il ait bon goût, là c'est pareil.
La chair fraîche est naïve, facilement impressionable, spontanée, enthousiaste, elle a les yeux qui pétillent, elle adore les histoires du skippeur, ses récits colorés, ses leçons de vie, elle écoute, elle est toute ouïe.
le skippeur, usé par une femme fatiguante et fatiguée de ses exigences capricieuses, lassé de l'oreille distraite qu'elle prête à ses récits, trouve en la chair fraîche une disciple attentive, qui de ses yeux passionnés lui donne toute l'attention qu'il réclame. Elle est conquise, elle aime les vieux, elle est pour moi. Moi chui un marin, moi chui l'plus fort, moi j'trompe ma femme c'est pas grave, moi j'ai des yeux partout, la vie c'est dur, moi j'profite, à fond. MMMouais.
Moi j'aimerais bien qu'ils profitent avec un peu plus de retenue, verbale et physique, mais on ne peut pas tout avoir.
Moi les skippeurs, ils m'intriguent, ils me passionnent, et de toute façon Tim et Collin m'ont donné les tuyeaux et la motivation pour ne plus me laisser déborder par leur débordante affection.
A nous les p'tits anglais
A Dakar, j'ai fait une lovely lovely rencontre, celle de Mina 2, un superbe 54 pieds, un fier voilier, dont l'équipage est absolument charmant, quels que soient les marins qui le composent qui tournent souvent. Tim en est le capitaine. Beau vieux, très beau gosse, pour une fois qu'il y en a hein, des vieux, qui sont vieux ET beaux, bref, CapTim comme il aime à se faire appeler est un anglais très très sympathique, accueillant et ouvert.
Je suis montée pour la première fois à son bord lors de ma tournée à la nage des bateaux arrivés en premier à Dakar, et Mina 2 était de ceux-là. On a bu un scotch on the rocks, et depuis, dès que nous nous croisons, nous évoquons, les yeux mouillés d'émotion, le merveilleux souvenir de ce moment si gai et spontané. J'avais appris à connaître un peu Tim, Tom and Lawrence, nous avions bien rigolé, et je m'étais juré de revenir faire la bringue avec ces lurons. Un ou deux jours plus tard, un soir, tard avec Nyels, nous nous rendons à la nage à leur bord, ils nous acueillent, petit rouge, grand Whisky, serviette propres, le grand luxe, l'hospitalité même. Nous passons un long moment à deviser tous ensemble, en anglais, en français, sur le moment je rélise complètement où je suis, avec qui, ce que je fais, et j'implose de bonheur...
Avant notre départ définitif de Dakar, avec l'avant dernière navette de 23h, je suis allée encore sur Mina 2, munie de mon Yukulélé. Tim m'a accueuillie, large sourire, les bras ouverts, le bon whisky trônant déjà sur la table, avec lui un nouvel équipier, Collin, autre digne représentant du Royaume Uni, qui connaît les accords et paroles de 900 chansons. Je décide alors de prendre la dernière navette pour faire un aller-retour sur Naomie, prendre ma gratte, et des gâteaux au chocolat de chez un patissier dakarois bon comme un Lenôtre. je reviens chargée, la soirée commence sur les chapeaux de roues, du bon whisky, de la bonne bouffe, un yukulélé, une guitare, et surtout, surtout, above all, de l'excellente compagnie. Nous buvons, régalons, chantons, discutons, c'est gentil, bon enfant, c'est charmant, lovely lovely.
Les anglais ont une délicieuse retenue, un air de vous écouter comme si vous leurs appreniez l'origine du monde, ils sont extrêmement courtois, ils ont un sens de l'humour décapant, toujours le bon mot, souvent celui pour rire, c'est un véritable plaisir de passer du temps avec eux. Il y a une fraternité implicite entre nos deux pays qui nous rapproche et nous rend complices, amis.
Tim et ses équipiers ne sont pas des skippeurs libidineux, avec eux je me sens bien, à l'aise et libre de pouvoir être qui je suis sans que cela ne me vaille des remarques déplacés, des gestes mal placés, des attitudes contrariantes pour une jeune fille qui ne goûte pas les flans flétris. Je leur dis d'ailleurs et me confie à eux quand à toute la théorie que j'ai élaboré sur les skippeurs, et ma difficile relation avec eux.
Je suis montée pour la première fois à son bord lors de ma tournée à la nage des bateaux arrivés en premier à Dakar, et Mina 2 était de ceux-là. On a bu un scotch on the rocks, et depuis, dès que nous nous croisons, nous évoquons, les yeux mouillés d'émotion, le merveilleux souvenir de ce moment si gai et spontané. J'avais appris à connaître un peu Tim, Tom and Lawrence, nous avions bien rigolé, et je m'étais juré de revenir faire la bringue avec ces lurons. Un ou deux jours plus tard, un soir, tard avec Nyels, nous nous rendons à la nage à leur bord, ils nous acueillent, petit rouge, grand Whisky, serviette propres, le grand luxe, l'hospitalité même. Nous passons un long moment à deviser tous ensemble, en anglais, en français, sur le moment je rélise complètement où je suis, avec qui, ce que je fais, et j'implose de bonheur...
Avant notre départ définitif de Dakar, avec l'avant dernière navette de 23h, je suis allée encore sur Mina 2, munie de mon Yukulélé. Tim m'a accueuillie, large sourire, les bras ouverts, le bon whisky trônant déjà sur la table, avec lui un nouvel équipier, Collin, autre digne représentant du Royaume Uni, qui connaît les accords et paroles de 900 chansons. Je décide alors de prendre la dernière navette pour faire un aller-retour sur Naomie, prendre ma gratte, et des gâteaux au chocolat de chez un patissier dakarois bon comme un Lenôtre. je reviens chargée, la soirée commence sur les chapeaux de roues, du bon whisky, de la bonne bouffe, un yukulélé, une guitare, et surtout, surtout, above all, de l'excellente compagnie. Nous buvons, régalons, chantons, discutons, c'est gentil, bon enfant, c'est charmant, lovely lovely.
Les anglais ont une délicieuse retenue, un air de vous écouter comme si vous leurs appreniez l'origine du monde, ils sont extrêmement courtois, ils ont un sens de l'humour décapant, toujours le bon mot, souvent celui pour rire, c'est un véritable plaisir de passer du temps avec eux. Il y a une fraternité implicite entre nos deux pays qui nous rapproche et nous rend complices, amis.
Tim et ses équipiers ne sont pas des skippeurs libidineux, avec eux je me sens bien, à l'aise et libre de pouvoir être qui je suis sans que cela ne me vaille des remarques déplacés, des gestes mal placés, des attitudes contrariantes pour une jeune fille qui ne goûte pas les flans flétris. Je leur dis d'ailleurs et me confie à eux quand à toute la théorie que j'ai élaboré sur les skippeurs, et ma difficile relation avec eux.
dimanche 15 novembre 2009
Pullmann
C'est le nom de l'hôtel qui nous accueille au mouillage, c'est notre hôtel de luxe, un beau, un grand, un vrai. Et il ne nous en fallait pas moins, surtout à Dakar. Dakar c'est la tension, la pression, le choc, et dans le cocon douillet du Pullmann, nous récupérons tranquillement des émotions fortes que nous cause chacune de nos sorties. Même un banal allez-retour à la lavanderie située à 500 mètres plus haut dans la même rue que l'hôtel peut s'avérer être un véritable parcours du combattant duquel vous sortez pour la plupart du temps, épuisé, lessivé, vaincu. Alors le Pullmann vous ouvre ses bras, ses canapés, ses chaises longues, son air très bien conditionné, son soleil, sa mer bleue, sa profonde pisicne, son ponton où les gens du rallye circulent à la queue leu-leu toute la journée, bidons à la main, pour embarquer sur la navette qui les amène à leurs bords respectifs. Le Pullman vous offre son luxe, son calme, sa volupté, ses petites rencontres, petits moments, petites scènes de vies, le Pullmann vous offre.
Nous le savons, au premier jour où nous nous y somme hasardés, Dakar nous a été vilaine, mauvaise, dure. Au lendemain de ce jour funeste, nous élisons nos quartiers dans l'hôtel, pour moi, il n'était pas question d'en sortir jusqu'au jour suivant. je le savais, je l'avais toujours dit, l'Afrique, ça me fait peur. Quoiqu'on me dise, quoiqu'on me reproche, l'Afrique, les entrailles de l'Afrique, ça me fait flipper. Jamais je n'aurais imaginé pouvoir un envisager de m'y installer, étudier la question. POurtant ça m'est venu à l'esprit. Et l'idée a fait son chemin. Le temps de la parenthèse enchantée du Sine saloun, de la savane, de la brousse, du soleil gros comme une patate, du regard qui va tellement loin qu'il ne peut pas voir plus loin que loin, du chaud, du vent; l'Afrique c'est l'océan sur la terre. Le temps de ces deux jours passés à courir à dos de canassons dans les lacs de sable et de mer, pendant ces deux jours où j'ai circulé librement, parlé librement, échangé librement, sans subir d'angoisses, de parano, de peur mal placée de jeune fille des beaux-quartiers, pendant ces deux jours, je me suis dit que l'Afrique c'est énorme, et qu'un jour il faudra s'y arrêter, mais pas tout de suite. Objectif Brésil, avant tout.
Bref, Dakar c'est l'enfer, a fuera esta un paradiso. Et l'enfer avait son anti-chambre, le Pullmann, où on attendait gentiment de se faire cueillir, croquer, une fois le pas de la porte passé.
Les quartiers sont élus au bout du ponton, là où tout le monde embarque. C'est là que Mokou et Brahim poireautent toute la journée au cagnard en attendant que la navette arrivent, car ils sont les gros bras qui la chargent de bidons d'essence, d'eau, de caisses de bières, de batteries de bateaux, de voiture de 12 volt, d'amplis, de sacs de bouffe, de linge bref, de tout un tas de pacotilles, les petits riens qui nous servent à tout. On zone entre ici, la piscine, le bar, et le cyber de l'hôtel, dans l'hôtel, suprême luxe. Point n'est besoin d'en sortir. Au Pullmann, vous n'avez besoin de rien, ils ont tout. Le bout du ponton, c'est le coin sympa, c'est Dakar dans le Pullmann. Brahim et Mokou sont jeunes, beaux, ils ont mon âge, ils sont ouverts, sympas, et ne nous réclame pas de thunes, ils n ous taxent des clopes de temps en temps, mais ça c'est normal. un jour, c'était trop la fête ce jour là, c'était journée Pullman, et Yann, le nouveau co-ep de Pilou, a décidé d'apprendr à nager à Mokou. Ils sont partis tous les deux à l'eau, quand Mokou est revenu, il était rincé mais ravi, et pour fêter ça, ils nous a offert une clope chacun à Nyels et à moi! Ambiance au ponton, je n'était que cris de surprise, béat ravissement, première fois qu'un sénégalais me faisait un vrai cadeau! Bref, le bout du ponton c'est de là qu'on voit le mieux l'hôtel, la mer, nos bateaux au mouillage, c'est là qu'on est le plus tranquille quand personne ne prend la navette, c'est là quand on est le plus curieux quand tout le monde se presse dessus. On y est tellement bien, j'y ai installé mon petit bordel, et poussé la chansonnette, puis répété, de nuit, de jour, trop sympa mais pas longtemps, c'est pas viable comme salle de répète un ponton en plain air, en plein vent.
Au Pullmann, nous nous sommes fait des bons amis, Brahim et Mokou, Gustave et Moulou, ceux qui sont dans la navette, canal 71 pour les appeler à la VHF, Gustave pour Anne, Gustave pour Anne, oui Anne ici Gustave, ça va me manquer tout ça, le Pullmann a tout fait pour nous garder, et il l'a bien fait, j'aurais bien voulu y rester, approfondir tous ces débuts d'amitiés, prolonger les délires, les viédos, les photos, redemption song et Ismaël Lo, dama begge dakar, nio ko bouk, waow waow.
Nous le savons, au premier jour où nous nous y somme hasardés, Dakar nous a été vilaine, mauvaise, dure. Au lendemain de ce jour funeste, nous élisons nos quartiers dans l'hôtel, pour moi, il n'était pas question d'en sortir jusqu'au jour suivant. je le savais, je l'avais toujours dit, l'Afrique, ça me fait peur. Quoiqu'on me dise, quoiqu'on me reproche, l'Afrique, les entrailles de l'Afrique, ça me fait flipper. Jamais je n'aurais imaginé pouvoir un envisager de m'y installer, étudier la question. POurtant ça m'est venu à l'esprit. Et l'idée a fait son chemin. Le temps de la parenthèse enchantée du Sine saloun, de la savane, de la brousse, du soleil gros comme une patate, du regard qui va tellement loin qu'il ne peut pas voir plus loin que loin, du chaud, du vent; l'Afrique c'est l'océan sur la terre. Le temps de ces deux jours passés à courir à dos de canassons dans les lacs de sable et de mer, pendant ces deux jours où j'ai circulé librement, parlé librement, échangé librement, sans subir d'angoisses, de parano, de peur mal placée de jeune fille des beaux-quartiers, pendant ces deux jours, je me suis dit que l'Afrique c'est énorme, et qu'un jour il faudra s'y arrêter, mais pas tout de suite. Objectif Brésil, avant tout.
Bref, Dakar c'est l'enfer, a fuera esta un paradiso. Et l'enfer avait son anti-chambre, le Pullmann, où on attendait gentiment de se faire cueillir, croquer, une fois le pas de la porte passé.
Les quartiers sont élus au bout du ponton, là où tout le monde embarque. C'est là que Mokou et Brahim poireautent toute la journée au cagnard en attendant que la navette arrivent, car ils sont les gros bras qui la chargent de bidons d'essence, d'eau, de caisses de bières, de batteries de bateaux, de voiture de 12 volt, d'amplis, de sacs de bouffe, de linge bref, de tout un tas de pacotilles, les petits riens qui nous servent à tout. On zone entre ici, la piscine, le bar, et le cyber de l'hôtel, dans l'hôtel, suprême luxe. Point n'est besoin d'en sortir. Au Pullmann, vous n'avez besoin de rien, ils ont tout. Le bout du ponton, c'est le coin sympa, c'est Dakar dans le Pullmann. Brahim et Mokou sont jeunes, beaux, ils ont mon âge, ils sont ouverts, sympas, et ne nous réclame pas de thunes, ils n ous taxent des clopes de temps en temps, mais ça c'est normal. un jour, c'était trop la fête ce jour là, c'était journée Pullman, et Yann, le nouveau co-ep de Pilou, a décidé d'apprendr à nager à Mokou. Ils sont partis tous les deux à l'eau, quand Mokou est revenu, il était rincé mais ravi, et pour fêter ça, ils nous a offert une clope chacun à Nyels et à moi! Ambiance au ponton, je n'était que cris de surprise, béat ravissement, première fois qu'un sénégalais me faisait un vrai cadeau! Bref, le bout du ponton c'est de là qu'on voit le mieux l'hôtel, la mer, nos bateaux au mouillage, c'est là qu'on est le plus tranquille quand personne ne prend la navette, c'est là quand on est le plus curieux quand tout le monde se presse dessus. On y est tellement bien, j'y ai installé mon petit bordel, et poussé la chansonnette, puis répété, de nuit, de jour, trop sympa mais pas longtemps, c'est pas viable comme salle de répète un ponton en plain air, en plein vent.
Au Pullmann, nous nous sommes fait des bons amis, Brahim et Mokou, Gustave et Moulou, ceux qui sont dans la navette, canal 71 pour les appeler à la VHF, Gustave pour Anne, Gustave pour Anne, oui Anne ici Gustave, ça va me manquer tout ça, le Pullmann a tout fait pour nous garder, et il l'a bien fait, j'aurais bien voulu y rester, approfondir tous ces débuts d'amitiés, prolonger les délires, les viédos, les photos, redemption song et Ismaël Lo, dama begge dakar, nio ko bouk, waow waow.
Flying Kefi
Le lendemain, lever de soleil merveilleux sur l'eau plate d'Hakuna Matata, le ciel gris se confond avec la mer, il fait chaud et humide, le soleil doublé rougeoie sur les bateaux qui partent vers Dakar, dont Pilhoue que je vois s'éloigner. je suis bien embêtée car je voulais rentrer avec eux. Je demande à diter si je peux rentrer sur Flying Kefi, il accepte très gentiment une fois de plus. Je ne réalise pas encore que je vais naviguer sur un trimaran, je suis juste rassurée de pouvoir rentrer, en plus de ça avec des gens trop sympa, la vie est belle. Nous levons l'ancre, cap vers Dakar. Flying Kefi est un trimaran de 12 mètres fabriqué au Danemark. il est grand, stable, et rapide. On a fait du 10 noeuds, sous un soleil de plomb. Le bateau bombe, je m'y suis posée en de moults endroits, trampoline, étrave, superbe nav. Les suisses-allemands sont trop sympa, j'ai encore découvert un autre bord, approfondi des connaissances humaines, théoriques,culinaires... Nous sommes arrivés de nuit à Dakar, j'ai dormi à bord et suis repartie le lendemain sur Naomie, ravie de retrouver Amina et Alain.
J'ai déjà dormi sur 5 bateaux du rallye (Pétunia III, Pilhouë V, Naomie II, Malika, Flying Kefi) et navigué sur 3 (Pilou, Nao et Flying), c'est toujours très intéressant à chaque fois, surtout au niveau humain, on observe les mécanismes, les petits trucs de chacun, les recettes, les bonheurs, la vie à bord, les priorités, c'est passionnant, et amusant à la fois.
J'ai déjà dormi sur 5 bateaux du rallye (Pétunia III, Pilhouë V, Naomie II, Malika, Flying Kefi) et navigué sur 3 (Pilou, Nao et Flying), c'est toujours très intéressant à chaque fois, surtout au niveau humain, on observe les mécanismes, les petits trucs de chacun, les recettes, les bonheurs, la vie à bord, les priorités, c'est passionnant, et amusant à la fois.
La vie continue
En fait après notre virée à cheval, N n'est pas remonté sur son abteau, car son bateau était parti et le mien aussi. Le sien rentre le lendemain, et pour ma part, le mien ne revient pas. Je suis sans-voilier. N passe la nuit sur une banquette du bar, pendant que je m'installe devant le petit concert privé qu'anime un couple de voileux.
Lui est guitariste, elle clown, ils sont jeunes, ils ont deux enfants, et font des spectacles dans la rue et dans les écoles. Lui c'est gigi, elle Marie. Ils ont un voilier tout rouge, coque et mât, très stylé, roots, et ils sont de passage à Hakuna Matata. J'ai déjà parlé à Gigi la veille, trop sympa, intéressant, séduisant, j'étais croc comme qui dirait. Surprise, ils sont à cours d'argent. Pouquoi? parce que ça fait longtemps qu'il font leur spectacle dans des écoles en afrique, gratos, pour le plaisir, labes. Et maintenant ils doivent tracer aux caraïbes pour faire la même chose, mais pas à titre grâcieux cette fois-ci, pas de pitié pour les riches! Faut remplir les caisses... Je ne suis qu' émois et tremblements, devant moi se tient l'homme de mes rêves. Voileux, musicien, mêmes envies, mêmes projets, mêmes idées. Je lui parle de ma petite expérience de la rue, lui confie le montant de mes recettes, le verdict tombe, c'est pas mal du tout! Premièere fois que j'ai l'avis d'un professionnel de la question. Gigi, dis moi oui! Mais pourquoi es-tu papa, pourquoi? Malgré ton cheveux grisonnant, les dix-quinze ans qui nous séparent, avec toi, j'irais au bout du monde, il n'y aurait pas de montagnes assez hautes, il n'y aurait pas de rivières assez large, il n'y aurait pas de raison assez forte qui puisse m'empêcher d'arriver jusqu'à toi (Marvin Gaye). Mais Gigi est maqué, Gigi est pris, voilà, c'est tellement triste! Il chante trop bien, son jeu de guitare est bon, il est drôle, il est beau, il est sexy, il accroche le public, il connait par coeur la rue ketanou et felix leclerc, il est gentil, intéressant, intéressé, il fait du bateau, sa femme est cool, ses enfants superbes, aaaaaaaahhhhhhhhh! Un monsieur du public que j'ai rencontré la veille, un vieux de la veille, un taulier du camp, bénévole pour voiles sans frontières, lui lance eh y a une chanteuse qui s'emmerde là bas dans le coin, alors Gigi m'invite à chanter. On fait des chansons à deux voix, Help, Clandestino, la corrida, j'ai choppé un petit jembé, c'est juste parfait, sauf que le courant saute (groupe électrogène pour tout le camp), mais on continue à la lampe torche, on est tous en cercle dans le bar, nio ko bouk, on est tous ensemble, magique, génial, bakhna.
Il y a Flying kefi, le trimaran suisse-allemenad qui est là, à savoir Diter, Claudia et Claudia. Claudia est la femme de Diter et Claudia est the crew, l'équipière. Je leur demande si je peux dormir sur leur bateau, on se connaît déjà, on s'entend bien, et très gentiment, ils acceptent. On rentre en annexe, la veille ils m'avaient déjà ramené sur Naomie II (je ne m'arrête jamais de faire du stop), et Diter m'avait assis sur ses genoux et s'était mis à ramer, surréaliste!
Nous rentrons donc sur Flying Kefi, tous les quatre, je suis contente car j'aime bien son équipage, et je m'entends particulièrement bien avec Claudia the crew, avec qui j'ai toujours des conversations très très plaisantes. Je dors dans le carré, bien épuisée par le cheval, les prises de têtes, et les coups de coeur....!
Lui est guitariste, elle clown, ils sont jeunes, ils ont deux enfants, et font des spectacles dans la rue et dans les écoles. Lui c'est gigi, elle Marie. Ils ont un voilier tout rouge, coque et mât, très stylé, roots, et ils sont de passage à Hakuna Matata. J'ai déjà parlé à Gigi la veille, trop sympa, intéressant, séduisant, j'étais croc comme qui dirait. Surprise, ils sont à cours d'argent. Pouquoi? parce que ça fait longtemps qu'il font leur spectacle dans des écoles en afrique, gratos, pour le plaisir, labes. Et maintenant ils doivent tracer aux caraïbes pour faire la même chose, mais pas à titre grâcieux cette fois-ci, pas de pitié pour les riches! Faut remplir les caisses... Je ne suis qu' émois et tremblements, devant moi se tient l'homme de mes rêves. Voileux, musicien, mêmes envies, mêmes projets, mêmes idées. Je lui parle de ma petite expérience de la rue, lui confie le montant de mes recettes, le verdict tombe, c'est pas mal du tout! Premièere fois que j'ai l'avis d'un professionnel de la question. Gigi, dis moi oui! Mais pourquoi es-tu papa, pourquoi? Malgré ton cheveux grisonnant, les dix-quinze ans qui nous séparent, avec toi, j'irais au bout du monde, il n'y aurait pas de montagnes assez hautes, il n'y aurait pas de rivières assez large, il n'y aurait pas de raison assez forte qui puisse m'empêcher d'arriver jusqu'à toi (Marvin Gaye). Mais Gigi est maqué, Gigi est pris, voilà, c'est tellement triste! Il chante trop bien, son jeu de guitare est bon, il est drôle, il est beau, il est sexy, il accroche le public, il connait par coeur la rue ketanou et felix leclerc, il est gentil, intéressant, intéressé, il fait du bateau, sa femme est cool, ses enfants superbes, aaaaaaaahhhhhhhhh! Un monsieur du public que j'ai rencontré la veille, un vieux de la veille, un taulier du camp, bénévole pour voiles sans frontières, lui lance eh y a une chanteuse qui s'emmerde là bas dans le coin, alors Gigi m'invite à chanter. On fait des chansons à deux voix, Help, Clandestino, la corrida, j'ai choppé un petit jembé, c'est juste parfait, sauf que le courant saute (groupe électrogène pour tout le camp), mais on continue à la lampe torche, on est tous en cercle dans le bar, nio ko bouk, on est tous ensemble, magique, génial, bakhna.
Il y a Flying kefi, le trimaran suisse-allemenad qui est là, à savoir Diter, Claudia et Claudia. Claudia est la femme de Diter et Claudia est the crew, l'équipière. Je leur demande si je peux dormir sur leur bateau, on se connaît déjà, on s'entend bien, et très gentiment, ils acceptent. On rentre en annexe, la veille ils m'avaient déjà ramené sur Naomie II (je ne m'arrête jamais de faire du stop), et Diter m'avait assis sur ses genoux et s'était mis à ramer, surréaliste!
Nous rentrons donc sur Flying Kefi, tous les quatre, je suis contente car j'aime bien son équipage, et je m'entends particulièrement bien avec Claudia the crew, avec qui j'ai toujours des conversations très très plaisantes. Je dors dans le carré, bien épuisée par le cheval, les prises de têtes, et les coups de coeur....!
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